04/06/2020 | Faut-il craindre des hausses d'impôts "post-Covid" ?

C'est quelque chose dont personne ne veut entendre parler...

A l'évocation d'une hausse d'impôts, les visages se ferment, les machoires se crispent... et la simple évocation d'une hausse des prélèvements sociaux fait plâner un effet négatif sur une future reprise économique.

Sauf que le constat est là : en France, le comblement des déficit se fait souvent (et généralement) par une hausse d'impôts.

Quelques chiffres

Durant toute la durée du confinement, le Gouvernement a injecté environ 450 milliards d'euros pour gérer la crise : une partie a financé le chômage partiel ou le fonds de solidarité, et une seconde a servi à la mise en place des garanties de prêts bancaires.

Les chiffres sont là, et la Commission Européenne prévoit un déficit pour la France de 9,9% en 2020 avec un coût final estimé entre 150 et 200 milliards d'euros...

Oui, mais qui va payer ?

Avant de pouvoir dire qui va payer, il faut comprendre d'où vient tout cet argent injecté pour traverser la crise. Car la France ne l'a pas cet argent et l'essentiel est donc emprunté auprès de la BCE (Banque Centrale Européenne).

Un point important est que nous ne sommes pas seuls à recourir aux emprunts auprès de la BCE : tous les Etats membres le font. Et à qui appartient la BCE ? aux Etats membres... CQFD !

La première possibilité serait donc que la BCE accorde un effacement de la dette. Mais... c'est très peu probable, donc au final, la réponse est évidente pour tout le monde. Ceux qui devront payer seront les contribuables et les entreprises !

Et sous quel délai ?

Pour rembourser une dette, un des leviers "utilisable" par un Etat est la croissance, mais celle-ci ne va pas être au rendez-vous en 2020.

Augmenter les impôts dès 2020 reviendrait à se tirer une balle dans le pied. En pleine relance économique, l'effet serait probablement dévastateur.

2021... pas sûr (quoi que...), car cette année devrait être une année de reprise après la crise actuelle et il y a fort à parier que le Gouvernement ne voudra pas la freiner avec de nouevlles taxes.

Mais attention à 2022 !

Le retour de l'ISF ?

Supprimé et remplacé par l'IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière), l'ISF pourrait revenir mais ça ne serait que "symbolique" puisque l'ISF, à ses plus belles heures, rapportait 5 milliards d'euros par an. Peu par rapport aux 150 à 200 milliards à combler pour la seule année 2020.

Alors quelles sont les options ?

Il y a fort à parier que l'un des trois impôts principaux sera impacté :

Il est peu probable que l'IS (Impôt sur les Sociétés) soit touché, car il était en phase de baisse pour s'aligner sur les pays européens et ainsi rendre les entreprise plus concurrentielles. Une hausse de quelques points pourrait néanmoins faire gagner un peu plus de 3 milliards par an.

Pour ce qui est de la TVA, sa base de calcul étant tellement vaste, une hausse de 2-3 points rapporterait 20 millards par an, mais cet impôt est supporté par tous et risquerait de peser sur le budget des ménages, budget essentiel pour relancer la croissance, qui est essentielle pour rembourser la dette... (c'est le serpent qui se mord la queue me direz-vous !)

L'augmentation de l'impôt sur le revenu, lui, sera nécessairement "supportée" par les tranches les plus élevées afin de ne pas pénaliser davantage les ménages à revenus modestes, et pourrait rapporter environ 5 milliards d'euros par an. 

Et un impôt “Covid” ?

Une autre piste pourrait être un impôt spécifique d'une durée limitée comme une taxe sur les grandes entreprises par exemple... mais l'impact est difficilement mesurable et cet impôt n'est que pure spéculation pour le moment.

En conclusion

Vous voyez bien que quoi qu'il arrive, il faudra rembourser cette dette énorme qui a été créée en très peu de temps pour maintenir à flot l'économie et les entreprises. Il y aura des séquelles pour les salariés et les entreprises, qui ne se relèveront pas toutes.

Mais au bas mot, si toutes les mesures étaient mises en place en même temps, nous arrivons à un total annuel de 33 milliards de gain fiscal supplémentaire annuel, qui nécessite donc 5 à 6 ans de mise en application pour combler les 200 milliards de coût de cette crise.

Il est donc fondamental de revoir les modèles actuels pour créer de la richesse en France, favoriser nos entreprises locales et ainsi être moins dépendants à tous points de vue de l'économie ultra mondialisée.

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